La cité des livres qui rêvent, Walter Moers (2006)

510ch39a8rl-_sy344_bo1204203200_La cité des livres qui rêvent est un roman écrit par Walter Moers.

On a tous des livres qu’on a lu petit, qu’on a adoré, qui nous ont accompagné, qu’on a relu plus tard… et qui finalement ont eu plus d’importance que prévu.

C’est comme ça que j’ai eu ce livre : un roman Young Adult pour une adolescente.

J’étais déjà une grosse lectrice alors un dragon qui écrit dans une ville consacrée aux livres, pourquoi pas ? J’aimais les livres… et je confesse que ça n’a pas beaucoup changé depuis !
Mais depuis j’ai commencé une collection de livres parlant de livres, de bibliothèque, etc.

Cela fait 10 ans qu’il m’accompagne (paru en 2006), et je vais faire de mon mieux pour vous le présenter.

Ce roman nous raconte la vie d’un dragon, Hildegunst qui quitte la cité des dragons pour partir sur les traces d’un écrivain génial. Sa quête le menu dans une ville (paradisiaque) dédiée aux librairies où lecture à l’heure de la buche et livres mystérieux cohabitent dans un bazar total.

Le coeur de la cité est constitué par un labyrinthe souterrain servant de stock quasi illimité… mais il est arpenté par de dangereux êtres qui peuvent vous dévorer pour protéger leur précieuses bibliothèques. Malheureusement je ne vous en dirais pas plus, j’adorerai me perdre dans les circonvolutions du récit mais ce serait gâcher le plaisir de ceux qui ne l’ont pas encore lu.

stadt_01Je possède ce texte dans une vieille édition, chez Panama, qui a eu du mal a survivre aux 10 derniers années… la reliure a souffert. Elle est cassée à plusieurs endroits, certaines pages commencent à prendre leur indépendance. Mais cette version est illustrée et offre un univers typographique magnifique ! Les lignes sont longues ce qui ralentit la lecture, et pour une fois ça colle bien avec l’histoire.
Je n’aimais pas particulièrement les images au départ et puis au fil du temps je m’y suis faite et je pense que je ne pourrai pas l’aimer autant avec d’autres.

Tout est en noir et blanc mais l’esthétique vient du visuel livresque : ils s’empilent, s’accumulent, s’entassent autour des textes, sur des pages qui leur sont abandonnées. Les symboles qui remplacent les nombres des chapitres ajoutent également à cette impression de monde construit.

L’édition offre des respirations qui collent vraiment très bien à l’ambiance et nous mettent le nez dans notre appétit… Je pense que c’est un excellent « page turner ». J’ai vraiment développé une forme de passion pour ce livre qui prend le temps de nous parler de typographie, de papier, de colle… de tout ce qui fait qu’un livre est un livre, un objet que l’on peut promener, manipuler… et CONSERVER. C’est rare, ça prend du temps, ça expose à des termes peu connus, bref ça pourrait être vu comme « élitiste », mais quel plaisir de parler livres avec quelqu’un qui semble aussi passionné que soi.

En plus il y a des portraits d’écrivains, dont les noms sont « déguisés » mais dont les stadt_05.jpgcaractéristiques sont flagrantes. Ils parsèment le texte, bien sur, comment parler de livres sans parler d’auteurs ? haha ! Quelle foule peuple ce monde éditorial parallèle ! Je me suis souvent demandé si tel auteur aurait sa place dans les catacombes et si oui quelle elle serait ? Nombre de nos auteurs classiques auraient bien mérité leur place dans la grotte de cuir…

Et croyez moi j’aurais pris le risque de descendre dans ces tunnels ! qu’est ce que j’aurais aimé chasser les livres de la liste d’or…

et lire pour de vrai les récits de Clairedepluie.

La couverture est majoritairement argenté et si celle de mon exemplaire s’est usée (oups…) l’effet reste très classe : il y a des reflets, des brillances, qui rendent l’objet « précieux ».

Je connais peu de monde qui l’ont vécu aussi fort, mais peut être que ma bibliophilie et ma décision d’étudier l’édition ont un lien avec ce livre, allez savoir… Pour ma part je remercie le traducteur de Zamonnien vers l’allemand qui a du s’arracher les cheveux pour réussir à rédiger ce livre 🙂 …

Puis les traducteurs de l’allemand au français : François Mathieu et Dominique Taffin-Jouhaud.

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