L’inutile beauté, Maupassant (1890)

Ce livre est un recueil de nouvelles, nous comptant les déboires d’un personnage plus ou moins mondains, contemporain de l’auteur. Dans toutes les histoires sauf une il est question d’un femme: une femme qui aime, qui est aimée ou du moins qui est soumise par les liens du mariage. Ainsi nous rencontrons celle qui ment pour éviter une nouvelle grossesse forcée, celle qui se dévoue à son mari, celle qui assume sa liberté sexuelle… ce sont des femmes qui sont brimées par la gente masculine mais qui trouvent des moyens de s’en sortir et de mener leur barque (désolée pour le jeu de mot, Mouche étant barreuse…).

Je reste légèrement perplexe face à la dernière histoire qui nous raconte les mésaventures d’un homme dont les meubles se déplacent tout seuls. On y retrouve ce qu’on connait de l’auteur dans ses textes fantastiques, et si je l’ai appréciée je ne sais pas ce qu’elle fait dans ce recueil…

Pour en revenir a la place des femmes, j’ai vraiment été touchée par la description qu’en fait Maupassant : elles sont soumises par la force de la société mais suffisamment malignes pour trouver des échappatoire, pour tenir tête aux hommes. Malheureusement elles sont généralement rappelée à leur rôle de pondeuse quand la nature se sent de « jouer son rôle »… Il y a quelque chose de triste dans tout cela : quand cela ne tient qu’à l’intellect elles sont présentées comme plus fines que les hommes alors que le physique les trahit. C’est une vision certes datée mesquin fait écho aux débats infini sur le droit des femmes à disposer de leur corps… à croire que l’actualité n’avancera jamais !

Au delà de tout ça, j‘avoue avoir pris un véritable plaisir à suivre toutes ces vies : le syle est fluide, les histoires prenantes. Si on ne rentre pas dans l’intimité de chaque personnage ce qui nous en est révélé est suffisant pour éveiller notre curiosité. Les textes sont courts et s’enchainent vite. Un livre parfait pour les soirs ou l’on est trop fatigué pour faire face à un pavé !

Pour les éditions actuelles, je ne sais pas, j’ai lu le texte chez Albin Michel dans une drôle de version reliée cuir, sans doute restaurée puis ré-endommagée, trouvée dans une petite librairie Pictave… joli objet trouvé dans un joli lieu 🙂

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