d’or et d’airain, Briys (2017)

 

22510100032150l« La pesanteur de ma bibliothèque ne me pèse pas. »
Il faut impérativement lire la page 158 et l’anti bibliographie de ce livre.

Je voudrais retenir cette phrase. pour le reste j’aime la manière dont l’auteur évoque les bibliothèques et les livres qu’elles contiennent même s’il a plus de tendresse pour la sienne que pour les publiques qui renferment trop de livres fermés. Le livre commence sur la patience nécessaire au lecteur (et qui fait tant défaut au Navigateur obsolète). Je suis assez partagée face à ce livre : je voudrais l’adorer… et non. Quelque chose entre mon amour de ma scie à grecquer et mon astigmatie me retient.

J’aime l’idée de créolisation nécessaire de la culture et du savoir, et de la langue mais ça va ensemble. Cependant quand Eric Briys parvient à dépasser le manque de sensualité de la lecture numérique, je n’y parviens pas.. A croire que je ne parviens pas à revenir au volumen tant j’aime le codex. Passons.

Il rêve d’une bibliothèque « intelligente » qui à partir des parcours de chacun parvient à « connecter » les ouvrages formant des ilots cohérents. En lisant sur support connecté on pourrait ainsi passer du texte à une définition et de cette dernière à un autre texte, un réseau de « playlist » nous prennent par la main.

Je n’aimerais pas qu’on me guide ainsi mais encore une fois, passons.

Quand il souligne l’essor de l’auto-édition grâce à Amazon et « déplore » que les ventes la plupart du temps ne décollent pas, la je ne peux pas passer outre : je voudrais lui parler de l’auto-édition voulue. Il existe une scène foisonnante d’auteurs et d’ateliers d’impression qui proposent à faible tirages des oeuvres parfois nullissimes et parfois tout à fait brillantes. La sérigraphie y tient le haut du pavé et on y développe des ouvrages qui n’auraient pas leur place dans des collections plus traditionnelles. Ce sont des petits tirages que nous sommes fiers de s’échanger, de s’acheter. Des créateurs que j’aime soutenir, suivre et .. parfois je l’avoue aider. J’aime les recherches auxquelles nous sommes souvent contraints, les typons finis au pinceau et les galères qui font naitre des objets rares et précieux. Briys affirme sa complicité aux étudiants (merci), ce peuple qui sait véritablement la difficulté de cet impératif de la connaissance : l’attente des ouvrages en bibliothèques et la difficulté de vaincre la tentation Google dans le rush des examens. Sa vision me plait de ce moment de nos vie. On doit ingurgiter des sommes de connaissances pour en créer de nouvelles alors que nous n’avons pas encore toutes les clés (mais qui les a ?).

L’idée que les MOOC qui permettent une formation moins onéreuse et ouverte (presque) à tous me plait !… Jusqu’au moment où elle induit des classements des professeurs et des cours. Si certains très (trop ?) spécifique n’attirent que peu d’élèves ils ne seront pas proposés alors que ce sont souvent ceux que j’aime.

Tout cela pose le problème de la propriété intellectuelle et du modèle économique qui pourrait faire vivre le tout. Bien sur la gratuité pose ses soucis notamment, comme le développe très justement l’auteur, par les données « personnelles » que l’on échange contre notre navigation. Nous n’en connaissons pas vraiment la valeur ni l’usage mais nous les offrons aux quatre vents.  L’allusion au Creative Common me semble bien rapide. Il passe également rapidement sur la démocratie participative que permettent ces connexions et ces nouvelles formes d’expressions. Mais il les évoque ce qui est louable !

Je salue aussi les citations de Propotkine, si j’étais surprise de le croiser là je n’en suis que plus heureuse ! Sa logique « évidente » trouve bien sa place dans ce raisonnement, appui d’une sagesse intuitive qui fait du bien.

Finalement on arrive à la bibliographie, et c’est le moment où je m’enflamme !

Je n’ai pas lu beaucoup des ouvrages qui s’y retrouvent mais beaucoup me tentent. Mon parcours de papier, lové au coeur de mon petit appartement, pas vraiment secret mais pas cartographié, désordonné, aléatoire et sans doute parsemé de zigzags sera fantastique. C’est pour cela que j’aime quand les livres finissent en s’ouvrant sur leurs semblables, l’auteur devient bibliothécaire pour un instant et loin de toute aridité nous confie les textes qu’il nous pense utile pour poursuivre sa réflexion. Souvent nous suivons ainsi, à rebours, son propre cheminement.

S’il parle de livres numériques et du pouvoir qu’ils contiennent (sans jamais évoquer la perte qu’engendrerait un crash du système) et des possibles qu’ils pourraient nous offrir, ce livre est une petit brique de papier paru chez les Belles Lettres il y a très peu de temps, en janvier 2017 je crois.

 

PS, parce qu’il faut que je l’exorcise : GRANULARITÉ (à répéter trois fois devant son mémoire pour faire apparaitre de bonnes idées ?)

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