Retour en gaule, Rutilius Namatianus (417)

 

Je remercie infiniment les éditions des Belles Lettres pour ce partenariat ! Je suis trop contente : j’ai adoré ce livre !

On ne sait pas grand chose de la vie de Rutilius, mais l’introduction de l’ouvrage est bien construite et nous expose ses différentes fonctions officielles… Il a été redécouvert au XVè (il était tombé dans l’oubli depuis sa mort). Il serait originaire de Poitiers et après sa parenthèse à Rome, pour ses études et des postes de fonctionnaire, il retourne en Gaule pendant les soulèvements en Armorique. La chute de cette partie de l’Empire est proche, les révoltes nombreuses… pourtant je l’aime à cette période : qu’autant de peuples se croisent dans les allées du pouvoir, que les cultures se soient mélangées au point qu’un Pictave vénère Isis, me plait !

L’auteur est probablement païen : malgré la progression du christianisme à cette époque, il fait référence au culte d’Isis et d’Osiris, et se moque des moines à plusieurs reprises.

L’auteur nous raconte son voyage pour retourner en gaule après des fonctions à Rome : il doit prendre la mer et longer les cotes avant d’arriver à destination.

On n’a que le début de son voyage la suite n’a soit pas été écrite soit perdue… mais ce début est remarquable !

On commence sur un éloge de Rome, qu’on sent venu du fond du coeur !

Il sent vraiment le plaisir de vivre à Rome qui lui manquera beaucoup… Ces pages sont vraiment belles : l’ambiance italienne y est sensible, parfaitement soutenue par la traduction.

Si ce texte ne sent pas l’improvisation, et qu’il a peut-être été retouché pour arranger les vers, les ciseler au mieux, dans un bureau, cela ne me pose pas de problème : après tout un carnet de voyage est aussi le souvenir que l’on en garde !

Les deux livres qui composent cet ouvrage sont très inégaux, le premier couvrant le voyage jusqu’à la frontière, le second abandonné (ou perdu) rapidement. L’auteur affirme son intérêt à ne pas s’étendre outre mesure sur son sujet, au risque de lasser son lecteur, cependant le tout semble trop précipité pour une version finale. Et puis ce ne serait pas le premier auteur a promettre de « faire court » et d’ajouter des pages et des pages après cette promesse ! Entre ces deux livres (à la fin du premier ) l’auteur s’attarde sur les constellations et les étoiles, j’ai adoré ce passage ! Il est poétique et doux, comme une pause dans un voyage fatiguant. Ce sentiment d’apaisement de savoir qu’une carte gigantesque veille nos nuits est bien transmis ainsi que leur beauté.
La traduction, de Vessereau, est excellente et très agréable à lire. Elle conserve l’aspect poétique du texte originale bien que le transcrivant en prose.

Editorialment j’étais aux anges : ce volume est extrêmement soigné et très travaillé. Il a le même format que les Budés, mais avec une couverture bleue (dans un papier fort être agréable sous les doigts). L’impression dorée qui est en couverture ou dans le livret d’illustration est soignée et sans accro. entre le corps du texte et le livret e notes se trouve un livret d’illustrations dorées sur papier bleu nuit, représentant des constellations (chacune correspondant à une étape du voyage).

Le papier utilisé est riche, légèrement à grain, peut-être du Munken ? je serai curieuse de le savoir mais ce n’est pas mentionné dans le colophon. C’est en tout cas un très bon choix.

C’est le point qui me fait souvent préférer cette maison d’édition : même pour des textes « rébarbatifs » ou entendus comme tels, pour des ouvrages qui s’adressent majoritairement à des spécialistes, des passionnés, ou des étudiants, ils soignent l’objet (je ne dis pas, certains de leurs poches ont des typo grecques peu lisibles, qui ralentissent un peu la lecture, mais je soupçonne des réimpressions de versions plus anciennes plus qu’une erreur ou une négligence).

On a droit a plus qu’au papier ultra blanc et au service minimum des notes de bas de page.

Certes tout cela a un prix (j’en remercie d’autant plus l’éditeur et Babelio qui ont permis ce partenariat), mais ce plaisir le vaut ! Clairement. Je regrette souvent de ne pouvoir me les offrir, après tout c’est en étudiant qu’on a besoin des meilleures éditions, mais le plan est bon puisque certains d’entre nous après s’être usés les yeux sur les versions poches, s’offriront de plus grandes pages et de belles illustrations pour la suite de leur carrière…
Il y a une forme d’amour qu’on sent dans ces livres : ils sont fait par des gens qui croient profondément au savoir qu’ils transmettent et à son utilité à d’autres qui en ont besoin. Cela ne dispense absolument pas de mettre en oeuvre le meilleur des éditeurs !

Je vous met le lien pour l’article sur le blog des Belles Lettres sur cet ouvrage : https://wordpress.com/read/feeds/34552570/posts/1467412551

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2 réflexions au sujet de « Retour en gaule, Rutilius Namatianus (417) »

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