Watership Down, Adams (1972, 2016 pour l’édition que j’ai lue)

couv40089346.jpgDes lapins qui discutent politique, je trouve l’idée géniale.

De garenne en garenne, ils fuient et explorent pour fonder leur propre système : trop autoritaire ici, trop entre soi ailleurs… Ils vont et viennent à travers la campagne anglaise au gré d’un oracle bondissant. Chaque communauté lapine a son propre gouvernement et ses propres lois, proche souvent de la dictature, sauf pour ceux qui sont élevés « hors sol » par une petite fille. La violence est au premier plan : généralement le pouvoir tient grâce à elle, et s’équilibre souvent dans la crainte de l’Homme qui chasse, lâche ses chiens et terrifie les lapereaux.
Qu’ils s’associent à d’autres animaux ou qu’ils se retrouvent pour panser leurs blessures, nos héros sont des condensés d’humanité (surprenant pour des rongeurs !). Ils ont même une sorte d’Espéranto, une « langue commune » qui leur permet de communiquer avec les mulots et les oiseaux. Seuls les hommes n’y comprennent rien et n’y répondent que par la violence…

Ce roman est à la fois une merveilleuse aventure et un cours de socio-politique, à mettre dans les mains de tous les jeunes lecteurs ! Enfin pas trop jeunes car le texte est long et parfois dur. Les enjeux sont réels et parfois les protagonistes meurent. Il n’y a alors que la peine et l’oubli : as de retournement du sort, juste la force d’avancer quand même, puisque la nature est ainsi faite.

Une version enfantine du Prince, parfaitement menée.
La critique est enchâssée de légendes contées par les Lapins eux-mêmes pour qui le Conteur est fondamental (coucou Benjamin !) qui ponctuent leur progression : quand ils ont peur, quand ils ont froid, quand ils sont heureux d’être ensemble. Ils se racontent des fables comme les aventures du Lapin Originel Shraavilsha, ou les leurs propres, jusqu’à ce qu’elles se rejoignent. J’aime énormément que le tissage des différentes traditions soit ainsi montré : la culture de cette colonie se crée peu à peu sous nos yeux au fur et à mesure que Dandelion raconte aux nouveaux venus ses histoires.

Pour ce qui est de l’édition, une fois encore Monsieur Toussaint Louverture est un génie.
Tout est en place : le gris est bien géré et ne se fait pas trop lourd malgré la quantité de texte, la couverture texturée est très agréable en main et son illustration très graphique fonctionne à merveille, le grand format est un plaisir. Le colophon final est un vrai cadeau de passionné, cette fois encore, c’est moi qui vous remercie Monsieur !

9 réflexions au sujet de « Watership Down, Adams (1972, 2016 pour l’édition que j’ai lue) »

      1. aussi oui ! j’avoue que je ne m’y suis jamais vraiment intéressée… Mais vu la qualité des livres qui nous sont proposé ici franchement quelqu’en soit l’origine je suis tenté (et je fais confiance aux choix éditoriaux).

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